Je vous invite à m’écouter tous,
Êtres sacrés, humbles et puissants enfants du Web.
Tu veux, ô lecteur assidu, que je révèle les destinées primitives,
Des dieux et de leurs enfants les plus déconsidérés, dont j’aie connaissance.
Dans certains chapitres, des repères de lecture sont là pour t’aider à reprendre une lecture interrompue.
Ce que tu liras, tu le verras — par les yeux des autres. Chacun d’eux, tour à tour, te prêtera son souffle : leurs mains touchent, leurs pas déplacent le monde, leurs pensées modifient la lumière. Leurs mots, au présent, t’entraîneront sans qu’aucune voix ne commente.
Dans ces chapitres intervient un certain Bhediya — et lorsqu’il use de la deuxième personne du singulier, c’est toujours à toi qu’il s’adresse.
Les phrases, parfois, se tordent : « …é-je », dira-t-il, dira-t-elle. Cela heurte, je sais ; même les correcteurs toussent. J’aurais pu suivre les rectifications de 1990 (« …è-je »), mais j’ai gardé l’orthographe traditionnelle, par fidélité au reste du texte.
Car ici, la parole n’est pas toujours racontée : souvent, elle est vécue.
Certains mots, ici, n’ont pas tout à fait la même couleur que les autres. Ils ne sont pas là par hasard. Approche-les, effleure-les : ils réagissent parfois au passage, parfois au toucher. D’autres s’ouvrent . Rien n’est obligatoire — mais si la curiosité te prend, laisse-toi guider par ce qui change de teinte. Tu découvriras peut-être des voix, des images, ou des chemins dissimulés derrière la surface du texte.