Si toute parole est action,
alors toute parole est magie.
— Tzvetan Todorov
alors toute parole est magie.
— Tzvetan Todorov
चन्द्र
À la fin du festin, le roi Liam se leva — imité par la reine et par tous les convives — et porta un toast à la victoire de l’union des nations présentes dans leurs combats contre les Orcs.
Des serviteurs débarrassèrent les tables ; une fois celles-ci vides, après avoir vérifié que personne n’était en contact avec elles, ils les firent disparaître ; prenant la même précaution, ils escamotèrent également les sièges.
Six autres, circulant entre les invités — lesquels se rassemblaient en petits groupes ou en couples — leur offraient des coupes de cristal de roche qu’ils proposaient de remplir d’hydromel, de vin d’anis ou d’absinthe, d’hypocras, de piquette ou de clairet, contenus dans des buires.
J’observais avec curiosité de nombreux comportements de séduction, quand une scène surprenante se produisit.
La Bandrui Maebd approcha de Bhediya, s’agenouilla devant lui, enlaça son cou et posa son front contre le sien.
Tous et toutes suspendirent leurs gestes et leurs mots.
Tétanisés, pendant plusieurs minutes, nous contemplâmes quelque chose qui dépassait notre entendement.
Tétanisés, pendant plusieurs minutes, nous contemplâmes quelque chose qui dépassait notre entendement.
Lorsqu’elle se releva, Maeb rejoignit Liam et Eileen.
Nul n’osa l’interroger, et mon compagnon fit très exactement comme s’il ne percevait pas mes questions.
Nul n’osa l’interroger, et mon compagnon fit très exactement comme s’il ne percevait pas mes questions.
Les parades amoureuses reprirent.
Quelques femmes me demandèrent si le loup accepterait qu’elles le touchent.
Il répondit toujours par l’affirmative.
Ces caresses furent furtives et craintives, à l’exception de deux d’entre elles qui plongèrent profondément la main dans son pelage.
Aucun homme ne formula semblable requête.
Quelques femmes me demandèrent si le loup accepterait qu’elles le touchent.
Il répondit toujours par l’affirmative.
Ces caresses furent furtives et craintives, à l’exception de deux d’entre elles qui plongèrent profondément la main dans son pelage.
Aucun homme ne formula semblable requête.
Plus tard, le couple royal convia Bhediya à se rendre sous les dômes afin d’y observer, sur les représentations des ciels, les prémices du phénomène astronomique ; le roi précisa que tous étaient les bienvenus et invita ceux qui ne souhaitaient pas aller sous le dôme-Est à quitter la pièce.
Je les accompagnais bien entendu en qualité d’interprète de mon compagnon de voyage.
Les hôtes, dans leur quasi-totalité, suivirent le mouvement — ou devrais-je dire : furent déplacés ?
Car de mouvement, il n’y eut point.
Les hôtes, dans leur quasi-totalité, suivirent le mouvement — ou devrais-je dire : furent déplacés ?
Car de mouvement, il n’y eut point.
Nous étions dans la salle du banquet ; je ressentis un léger trouble — nous étions sous le dôme-Est.
Je réalisai aussitôt que la sensation de pesanteur consécutive aux plaisirs de la table avait disparu.
Je n’eus guère le temps de m’interroger sur le comment de ce voyage, car Bhediya décida d’improviser un cours d’astronomie, que je dus, bien sûr, prononcer pour lui.
Je n’eus guère le temps de m’interroger sur le comment de ce voyage, car Bhediya décida d’improviser un cours d’astronomie, que je dus, bien sûr, prononcer pour lui.
« Comme vous le savez, l’observation d’un mouvement a deux causes possibles.
La première, la plus évidente : l’objet — par “objet”, j’entends tout ce que l’on peut observer, inerte ou vivant, matériel ou immatériel.
Bhediya disait donc : la cause la plus évidente est que l’objet est en mouvement. »
« La seconde, c’est que l’observateur se déplace tandis que l’objet demeure immobile.
On parle alors de mouvement apparent, inverse au mouvement réel de l’observateur.
La plupart du temps, un mouvement réel accompagne un mouvement apparent. »
« La Lune tourne autour de la Terre ; la Terre, autour du Soleil, lequel tourne autour du centre de notre galaxie : la Voie lactée. »
« Notre galaxie, comme les autres, est en mouvement.
Mais les distances qui nous séparent des objets célestes extrasolaires sont telles que, bien que la vitesse de révolution de notre Soleil soit environ sept — virgule quelque chose — fois plus rapide que celle de la Terre, la durée de sa révolution est deux cent vingt millions de fois plus longue. »
« Tout cela pour vous dire qu’à votre échelle…
Pardon, à notre échelle — Bhediya pense votre, mais je suis l’un des vôtres — ces mouvements ne sont pas perceptibles. »
« Seul le mouvement apparent des étoiles est discernable.
Les observateurs que nous sommes subissent les mouvements de notre planète : la portion du ciel que nous voyons semble tourner autour de l’axe de rotation de la Terre.
On nomme “équatorial” le plan perpendiculaire à cet axe.
Chaque étoile devrait, par conséquent, se retrouver à la même position chaque jour à la même heure. »
» Vous remarquez sur la représentation du ciel cf. – celle que nous voyons à nos pieds – les prémisses de l’alignement des planètes, lesquelles sont à cet instant séparées du Soleil par brœðrnir 1. Comme l’a fort justement fait observer notre chère Aífe, Mars couvre Vénus : l’alignement est déjà parfait entre ces deux planètes.
» Bhediya a demandé au palais d’ajouter à la représentation du ciel l’équateur céleste, ainsi que
l’écliptique dont nous parlerons plus tard.
Afin que vous mesuriez combien cette configuration est exceptionnelle, le palais va y d’un autre solstice à la même heure. Il va maintenant vous faire assister, en une minute, au déroulement d’une journée :
» Les traits reliant les étoiles d’une constellation sont rouges : il s’agit du Kvennavagn 2. L’étoile située à l’extrémité du timon est communément nommée « l’étoile Polaire », car très proche du pôle céleste ; de ce fait, il semble qu’elle soit immobile et que le ciel tourne autour d’elle.
» Les étoiles semblent avoir retrouvé la même place.
Mais un jour, c’est l’intervalle de temps séparant deux passages du Soleil au zénith d’un même lieu — disons la flèche du Dôme sous lequel nous nous trouvons, par exemple.
La Terre effectue une rotation en 23 h 56 min 4 s, mais notre planète ne se contente pas de tourner sur elle-même : elle tourne également autour du Soleil, et il lui faut donc près de quatre minutes supplémentaires pour que l’astre soit de nouveau à la verticale de la flèche.
Après ces vingt-quatre heures, les étoiles ont donc progressé ; pour le démontrer.
Mais un jour, c’est l’intervalle de temps séparant deux passages du Soleil au zénith d’un même lieu — disons la flèche du Dôme sous lequel nous nous trouvons, par exemple.
La Terre effectue une rotation en 23 h 56 min 4 s, mais notre planète ne se contente pas de tourner sur elle-même : elle tourne également autour du Soleil, et il lui faut donc près de quatre minutes supplémentaires pour que l’astre soit de nouveau à la verticale de la flèche.
Après ces vingt-quatre heures, les étoiles ont donc progressé ; pour le démontrer.
» Mais retrouvons notre ciel, celui »
À ce stade de l’exposé, bon nombre des auditeurs les plus éloignés des monarques s’étaient déjà éclipsés. Il faut bien reconnaître qu’un étrange phénomène régnait là comme ailleurs dans le palais, je ne saurais comment le décrire. Les hommes qui n’avaient pas de partenaire – habituelle ou dont il venait d’obtenir l’assentiment – tentaient d’en séduire ; certains s’affrontaient du regard. Il en était de même des femmes qui telles des tigresses, rôdaient à la recherche de celui à qui elles allaient accorder leurs faveurs.
Pour ma part, j’aurais volontiers déserté pour rejoindre celle dont le sourire m’avait ébloui, mais je dus enchaîner :
» Bhediya et le palais… Je sais, cette association paraît curieuse, mais le premier conçoit la démonstration et le second la réalise. Je disais donc, qu’afin d’illustrer les effets de la rotation et de la révolution, ils vont :
• D’abord, vous montrer le ciel à la fin de chacune .
Les étoiles sembleront fixes, car elles auront regagné les mêmes positions à la fin de chaque rotation.
Les astres de notre système, eux, sembleront s’être déplacés en raison de leurs révolutions et du fait que chaque rotation se termine un peu plus tôt que la précédente.
La trentième rotation se conclut vingt-neuf jours, vingt-deux heures et deux minutes après la première.
Les étoiles sembleront fixes, car elles auront regagné les mêmes positions à la fin de chaque rotation.
Les astres de notre système, eux, sembleront s’être déplacés en raison de leurs révolutions et du fait que chaque rotation se termine un peu plus tôt que la précédente.
La trentième rotation se conclut vingt-neuf jours, vingt-deux heures et deux minutes après la première.
• Pour démontrer l’incidence de cet écart sur la position du Soleil, .
Puis, afin de mettre en lumière celui dû au fait que le Soleil se lève chaque jour un peu plus tard que la veille, .
Puis, afin de mettre en lumière celui dû au fait que le Soleil se lève chaque jour un peu plus tard que la veille, .
• Et maintenant, le palais va montrer le ciel à seize heures .
Vous verrez le zénith de l’observateur parcourir la sphère céleste, avançant d’environ un degré par jour autour de l’axe de révolution de la Terre ; c’est le plan perpendiculaire à cet axe que l’on nomme « de l’écliptique ».
• Je vous conseille de prendre pour repère l’étoile la plus proche du périmètre de notre hémisphère céleste, à droite du « N » indiquant le nord ; pour ce pénultième retour,.
• À présent, il va à seize heures pour les trois cent soixante-cinq jours jours à venir.
Bien que les étoiles semblent se retrouver exactement à la même position qu’un an plus tôt, ce n’est pas le cas : la période de révolution terrestre est de 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 45 secondes.
pour le vérifier.
Notez que si nous avions mené la révolution jusqu’à son terme, la rotation se serait poursuivie jusqu’à vingt-et-une heures quarante-huit, nous présentant .
pour le vérifier.
Notez que si nous avions mené la révolution jusqu’à son terme, la rotation se serait poursuivie jusqu’à vingt-et-une heures quarante-huit, nous présentant .
Laissons maintenant le temps reprendre
« Ajoutons que l’axe de rotation de la Terre subit un lent changement d’orientation.
Ce mouvement, nommé précession des équinoxes, peut se comprendre en considérant la moitié de cet axe :
elle décrit la génératrice d’un cône de révolution dont le sommet se situe au centre de la Terre et la base au pôle Nord — puisque c’est le ciel de cet hémisphère que nous avons sous les yeux.
L’autre moitié de l’axe engendre un cône symétrique.
J’ai pris le pôle comme base pour la clarté de l’explication, mais — bien que leur hauteur soit sans incidence — ces cônes se prolongent à l’infini. Ce qui nous importe, c’est la lenteur du mouvement : l’axe de notre planète ne parcourt qu’un degré en soixante-douze ans. Ainsi, chaque étoile retrouve à peu près la même position dans notre ciel tous les vingt-six mille ans. »
J’ai pris le pôle comme base pour la clarté de l’explication, mais — bien que leur hauteur soit sans incidence — ces cônes se prolongent à l’infini. Ce qui nous importe, c’est la lenteur du mouvement : l’axe de notre planète ne parcourt qu’un degré en soixante-douze ans. Ainsi, chaque étoile retrouve à peu près la même position dans notre ciel tous les vingt-six mille ans. »
À ce moment de la présentation, il ne restait qu’une vingtaine de personnes dans la salle, dont celle avec qui j’échangeais des regards complices.
Jamais je n’avais perçu le désir ainsi : diffus, insistant, partagé.
Bhediya poursuivit son laïus comme s’il ne remarquait pas la débandade de son auditoire.
Je me demande, aujourd’hui encore, si son ton volontairement professoral n’avait pas pour but de nous faire fuir.
« Les étoiles semblent donc se déplacer en sens inverse de la rotation terrestre, donc dans le plan équatorial. »
« Les autres planètes de notre système tournent elles aussi autour du Soleil.
Pour des raisons que je vous exposerai plus tard, elles accomplissent leurs révolutions dans le même sens et dans le même plan que la Terre ; leur rotation suit également cette direction⁽³⁾.
Le déplacement de chacune dans notre ciel résulte de la combinaison de sa propre révolution et des mouvements de la Terre — surtout sa rotation. Les planètes ne se déplaçant pas dans le même plan que les étoiles, vous pouvez aisément les distinguer. Ce sont ces cinq astres qui suivent le Soleil ; la Lune, elle, se trouve actuellement dans l’autre hémisphère céleste : je vous invite à venir l’admirer sous le dôme-Ouest. »
Le déplacement de chacune dans notre ciel résulte de la combinaison de sa propre révolution et des mouvements de la Terre — surtout sa rotation. Les planètes ne se déplaçant pas dans le même plan que les étoiles, vous pouvez aisément les distinguer. Ce sont ces cinq astres qui suivent le Soleil ; la Lune, elle, se trouve actuellement dans l’autre hémisphère céleste : je vous invite à venir l’admirer sous le dôme-Ouest. »
Saisissant l’occasion, la reine Eileen quitta les bras du roi, dans lesquels elle était blottie depuis un long moment.
Elle se dirigea vers moi, posa une main sur mon épaule et me déclara :
« Sajjan, veuillez nous excuser auprès de Bhediya, mais d’autres obligations nous appellent.
Nous sommes désolés de vous abandonner. »
Son sourire, et le regard qu’elle échangea avec celle qui m’avait choisi, démentaient ses paroles.
Elle rejoignit le roi, et tous deux disparurent.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les derniers couples encore présents gagnèrent l’escalier ou posèrent la main sur un sigle de transport.
Nous n’étions plus que trois.
Elle me prit par la main et m’entraîna vers la volée de marches.
Les dieux seuls savent comment Bhediya parvient à teinter ses pensées d’ironie, mais le « bonne nuit ! » qu’il m’adressa résonna avec une nuance grivoise.
…
Je viens de me réveiller. Seul. Courbatu. Dans ce lit qui ressemble à un champ de bataille.
Je viens de me réveiller. Seul. Courbatu. Dans ce lit qui ressemble à un champ de bataille.
Je me remémore les évènements qui m’ont conduit ici.
J’aime les femmes.
J’aime faire l’amour avec elles.
Mais là… depuis la fin du banquet, quelque chose d’autre m’habitait : un besoin impérieux, primitif, animal.
Et tous, toutes, semblaient le ressentir.
Le rut nous gouvernait.
Machinalement, je porte la main à mon oreille gauche.
Une vague de panique me traverse.
Je cherche frénétiquement dans les draps :
où est ma briolette ?
भेड़िया
Enfin seul !
Enfin presque, parce que tu es là, toi. Ce n’est pas un reproche, je te retrouve toujours avec plaisir.
Chandra a évoqué le rut, cela te semble inapproprié, mais ça ne l’est pas tant que tu le penses. Le rut chez les mâles n’existe qu’autant que les femelles de la même espèce sont elles-mêmes fécondes ; or la synchronisation de l’œstrus chez les femmes a disparu depuis une éternité — elle ne subsiste parfois qu’entre femmes très proches les unes des autres, rarement plus de deux ou trois —, mais la manipulation à laquelle je me suis livrée consiste justement à le provoquer chez toutes celles présentes dans le palais.
Néanmoins, il aura fallu un discours fastidieux pour venir à bout de l’urbanité du couple royal et de ses hôtes.
Comme tu l’as vu…
Bon ! je vais être franc avec toi, l’observation n’est qu’une excuse. Ce n’est pas que contempler cette configuration exceptionnelle soit sans intérêt, mais je suis venu ici dans un but précis et il est indispensable à mes projets que les rayons émis par ces planètes alignées convergent dans la salle des incantations, au début de…
Si tu avais commencé alors que l’alignement était au zénith du dôme, les radiations auraient été plus puissantes ! penses-tu.
Ha ! tu crois tout savoir. Ne rêve pas ! Tu ne connais que bien peu des choses de la magie.
D’abord, à 13 h 45 min je n’avais même pas encore été reçu en audience. Bon, d’accord, cela n’a rien à voir avec la magie, mais avant d’obtenir l’accord du roi, impossible de me rendre dans cette salle. Je te rappelle qu’être dans ce palais, c’est être entre les anneaux d’un constrictor : Anthéon peut à tout moment broyer entre ses pierres, toute créature suffisamment isolée pour qu’elle puisse l’être sans faire de victimes collatérales.
De plus, j’ai expliqué en quoi ce moment est unique : la concomitance4 de l’alignement des planètes, du solstice et de la pleine lune. Tous ces éléments sont primordiaux pour la réalisation de ma grande œuvre. Or les deux derniers ne se sont pas encore produits. Il y a d’autant moins urgence que les dômes superposés sont conçus de façon à faire converger au centre des salles — des incantations et de l’oracle — les irradiations où que se situe leur source dans l’hémisphère céleste. Par magie, le rayon atteint le centre du cercle formé par le tambour au niveau du toit sans subir la moindre réfraction. Là, quel que soit son angle incident, il est réfracté avec un angle nul, soit verticalement.
Je résume pour toi qui n’as pas lu « Les 13 Merveilles du Monde ».
• Les Dômes du palais sont composés de quatre éléments en cristal, surmontés d’une flèche en bronze.
○ Le dôme intérieur est une section de sphère, de
huit toises et trois coudées de rayon, haute de
six toises. Il traverse le toit, c’est lui que l’on voit en regardant le plafond lorsque l’on est dessous.
○ Le tambour est une section de cylindre, son rayon intérieur est également de
huit toises et trois coudées, il repose sur le toit où il entoure le dôme intérieur. Il est haut de
quatre toises et épais
d’une coudée, ce qui porte son rayon extérieur à
neuf toises.
○ Le dôme extérieur repose sur le tambour, il est galbé — on dit bulbeux —, haut de
quinze toises et deux coudées. Son rayon varie selon la hauteur, de
neuf toises à sa base, à
neuf pouces au sommet en passant par
neuf toises quatre pieds deux pouces et six lignes au plus large — à
quatre toises trois pieds un pouce de haut.
○ Son sommet est recouvert d’une fleur de lotus inversée, en cristal ambré.
○ La flèche est composée d’un mât, d’un diamètre de
neuf pouces et haut de
deux coudées, coiffé d’une sphère d’un rayon
d’une coudée.
• Le tout s’élevant à
vingt toises et deux coudées au-dessus du palais — à croire qu’Anthéon et les siens avaient oublié la sphère dans leurs calculs, mais chut !
Tu l’as dans l’œil ? L’image, pas le dôme ! Oui, je continue : ces dômes, comme le reste du palais, ont été réalisés par magie. En conséquence, chacun est la parfaite révolution d’un profil autour de son axe central, ce qu’aucune construction humaine n’est capable de faire5.
Absolument identiques, leurs axes de révolution — parfaitement alignés dans l’axe est-ouest — sont distants de
trente toises.
Chacun s’interpose entre une partie de l’hémisphère céleste et l’autre.
En fait, ce ne sont pas tout à fait tous les rayons qui sont déviés ! Pour être exact : il s’agit des irradiations où que se situe leur source si elles ne sont pas interceptées par l’autre dôme.
Comme je suis dans un jour de grande bonté, je te fais grâce des calculs, mais pas du raisonnement, il ne faut pas exagérer.
Les coordonnées azimutales d’un objet céleste se composent de deux valeurs en degrés :
• l’une, l’élévation, définit la hauteur de l’objet, 0° représente l’horizon et 90° le zénith,
• l’autre, l’azimut, indique la direction en prenant le nord pour origine. L’est est à 90°, le sud à 180°, l’ouest à 270° et le nord à 360° (ou 0°).
Un dôme fait obstacle à la réception des rayons par l’autre à des coordonnées dont :
• l’angle d’élévation varie en fonction de la hauteur de l’obstacle et de la distance entre celui-ci et le point de réfraction, c’est-à-dire l’écart entre les axes de révolution.
• l’azimut varie en fonction de cette même distance et la largeur de l’obstacle.
Dans ton passé, un certain Napoléon aurait dit qu’un bon croquis vaut mieux qu’un long discours. Et un certain Picasso aurait réuni dans un même plan face et profil. Je me suis inspiré des deux. Admire le résultat !
Époustouflant, n’est-ce pas ?
Bien évidemment, c’est réciproque. Le dôme-est empêche les rayons des objets célestes situés aux mêmes élévations et largeurs, mais autour de l’azimut 90°, d’atteindre le dôme-ouest.
Non, oui, mais non !
Oublierais-tu que je suis dans ta tête ? Je connais tes pensées :
Tu n’as pas complètement tort.
Oui, bien que l’hémisphère céleste du nadir soit représenté sur son sol, ce sont bien les objets de celui du zénith qui irradient le dôme-ouest. La magie a des limites, même ici et malgré cette configuration astrale exceptionnelle.
Mais non, il ne me suffirait pas de me rendre dans la salle de l’Oracle. Effectivement, le dôme-est n’y masque pas les objets célestes situés à l’ouest, mais je t’ai déjà parlé de l’importance des noms. Les mots sont importants, ils ne sont pas interchangeables. Quant aux noms, ce sont les clefs qui ouvrent les possibles.
Or moi, les oracles ne m’intéressent pas. Connaître le futur, c’est comme lire un livre dont on a déjà lu la fin. Certains le font, me diras-tu. Je ne dis pas que c’est sans intérêt, je dis que cela ne m’intéresse pas.
J’ajoute que la connaissance d’un futur inéluctable quoique improbable est totalement inutile. Tu te souviens du dire de Dana ?
Nul ne peut changer le futur, toute tentative qui semble avoir réussi a en réalité créé un point de divergence faisant naître un nouveau monde, ou plusieurs. Le futur du monde d’origine est inéluctable.
Un oracle est la conséquence d’une infinité de paramètres. Que tous soient identiques — qu’aucun ne varie de ton fait ou de celui d’une autre créature, voire d’un événement fortuit — dans un autre des innombrables mondes qui existeront quand il se réalisera dans celui où il est inéluctable est hautement improbable.
Alors que pour atteindre mon objectif, je dois pratiquer des incantations.
J’aurais sans doute dû commencer par répondre à ta première remarque, mais cela aurait coupé court à notre passionnante discussion. Non, je n’ai aucun besoin de changer de Dôme, car s’il se couche bien à l’horizon, le soleil ne se couche à l’ouest qu’aux équinoxes. Quoique à l’ouest, oui, mais à l’équateur. Parce qu’à la latitude d’Alastyn c’est au-delà de l’azimut 271°, mais je ne chipoterais pas pour moins de 2°.
Tu sais qu’en raison de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport à l’écliptique, du solstice d’hiver au solstice d’été, le soleil se lève et se couche chaque jour plus au nord que la veille ; et du solstice d’été au solstice d’hiver, chaque jour plus au sud que la veille.
Aujourd’hui, la course du soleil l’a amené derrière le Dôme-ouest à 16 h 32 min, il réapparaîtra de l’autre côté à 18 h 17 min, c’est-à-dire dans quelques secondes.
Attention à mon claquement de doigts…
Oups, j’en suis dépourvu ! Tu y as cru ? Ce qui n’a pas arrêté la rotation de la planète.
Les rayons du soleil frappent à nouveau le dôme-est et cela jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement derrière l’horizon à moins de 4° du nord-ouest quelques secondes après 20 h 21 min.
Regarde :
Tu te rappelles qu’aujourd’hui les planètes alignées le suivent de plus d’une heure à moins de deux.
Je m’aperçois que je t’entretiens depuis un certain temps de salles dont j’ai omis de t’informer des particularités. L’une comme l’autre sise sous un dôme est semblable à un cylindre creux posé verticalement sur le sol, elles sont dépourvues de plafond et de porte. Leur mur circulaire est prodigieux, bien qu’il soit opaque, il n’entrave en rien l’observation — par ceux qui se trouvent à l’extérieur — de la représentation du ciel située à l’intérieur de la salle ni même sous lui.
Ah oui, je dois te dire que si les personnes accréditées à se déplacer par “téléportation” — j’ai trouvé ce mot dans ta mémoire, associé à “Star Trek” et, en cherchant plus profondément, aux Ā d’Alfred E. van Vogt — le font en appliquant la main sur le sigle adéquat ; il est absolument hors de question que je me dresse sur les postérieurs pour appliquer les orteils d’une de mes pattes avant à l’endroit voulu. Il me suffit donc de la souhaiter pour me “téléporter”.
Fort de l’autorisation d’accéder à certaines parties du palais, que Liam et Anthéon m’ont accordée, je me téléporte donc dans la salle des incantations.
Me voici dans le sein des seins, comme dirait Chandra. Trêve de plaisanteries — qui eût cru qu’être si près de la réussite me survolte au point de faire resurgir un trait de caractère de mon trevingitisaïeul,
Sköll ? Pas toi, j’espère.
Je suis donc au centre de la salle des incantations, sous les rayons concentrés du Soleil, de Véga, Deneb, Arcturus, Spica, Capella… et d’une infinité d’autres étoiles de magnitude apparente plus faible ; certaines déjà éteintes, d’autres ayant explosé en supernova — tu auras peut-être l’occasion d’assister à l’une d’elles.
Finissons-en avec les questions que tu te poses, car je ne pourrai plus te prêter attention ensuite.
Le fait que certaines étoiles n’existent plus ne diminue en rien l’intérêt de leurs rayonnements, qui frappent le dôme aujourd’hui.
Quel est donc l’intérêt de l’alignement ? Puisque le dôme fait converger les rayons vers un même point, quelle importance, diras-tu, qu’ils viennent de l’est ou de l’infini ? Eh bien ! les planètes émettent leurs propres rayons, mais elles réfléchissent aussi une part de ceux qu’elles reçoivent. Lors d’un alignement, ces multiples réflexions réciproques composent une combinaison unique.
Voilà, tu sais tout. Observe.
Et toi, ne réfléchis pas ! Fais comme d’hab, quoi !
Ça me reprend ! L’heure n’est pas aux sarcasmes, mais à la concentration.
La moindre erreur pourrait provoquer une catastrophe, voire m’être fatale.
L’insémination d’une femme qui vient d’ovuler est la condition sine qua non d’une fécondation — mais elle ne la garantit pas.
J’ai donc conçu une incantation complexe, pour assurer la conception d’êtres exceptionnels dotés de grands pouvoirs ; sans elle, ils ne verraient pas le jour — comme la jeune Lumineuse promise à Eileen et à Liam.
J’y ai ajouté, il est vrai, quelques éléments dans un dessein plus personnel.
Il existe différentes manières d’incanter : les Lumineux font brasiller les arabesques de leurs bras, mais la nature ne m’en a point pourvu.
D’autres dessinent de leurs doigts des glyphes dans l’air, mais, comme je te l’ai déjà fait remarquer, les miens ne s’y prêtent guère.
La plupart des mages chantonnent leurs incantations ; c’est aussi mon cas.
Comme mon appareil phonatoire ne me permet pas d’émettre une gamme de sons aussi riche que la tienne, je suis contraint de composer avec un nombre très restreint de phonèmes que, seule, une longue préparation rend audibles.
Tout autre jour, je n’essaierais même pas ; et hors de ce lieu, pas davantage.
Mais je sens l’énergie se déverser en moi alors que les planètes sont encore masquées.
Je vais donc m’exercer à vocaliser sept sons — dont deux proches du hurlement.
Une ode à l’enfantement composée de sept mores seulement paraît simple… et pourtant !
Répétitive, oui, mais elle en compte cent quatre-vingt-cinq au total, avec des variations subtiles qui, mal placées, pourraient… ?
Je vais travailler ces mores successivement ; je prendrai garde à ne jamais enchaîner deux sons dont l’association pourrait déclencher une réponse magique…
☀♀♂♄☿
Un altocumulonimbus s’est formé au zénith ; il masque quelques étoiles, mais aucune de celles dont le rayonnement m’est indispensable.
Je maîtrise désormais suffisamment bien les mores.
Le Soleil, Vénus, Mars, Saturne et Mercure baignent le dôme de leurs rayons ; l’énergie s’accumule en moi.
Jupiter va se joindre à eux dans un instant.
C’est le moment que j’ai choisi pour psalmodier mon
Le soleil est couché.
La foudre vient de s’abattre sur les flèches des deux dômes.
Leur cristal vibre à une fréquence trop élevée pour être perçue par une oreille humaine — mais pas par les miennes.
J’attends le tambourinement de la pluie sur le cristal…
mais il ne se produit pas.
Les précipitations qui tombent sous le nuage s’évaporent totalement dans l’air sec de cette nuit d’été — la première.
Seules les étoiles luisent dans le ciel, lorsque
pour ma…
oi qui as écouté l’ode à l’enfantement,
si cette fois tu n’as plus 3 min 2 s, fais un petit
si cette fois tu n’as plus 3 min 2 s, fais un petit
À la seconde où la Lune et le Soleil sont en opposition, la
frappe à nouveau les dômes.

Anthéon
Lorsqu’à l’horizon émergea la lune, un troisième déchira le ciel ; mes dômes sonnèrent à l’unisson, et dans l’origine du monde se matérialisa un halo étincelant. L’air vibra — comme s’il se souvenait des premières pulsations du cosmos.
Intimement unis, nimbés par les scintillements de leurs arabesques, en extase, Liam et Eileen lévitèrent ; portés par les elles-mêmes, ils se fondirent dans leur éclat avant de disparaître lorsque le silence revint.
Eòganán
Nous étions devant l’espace d’accueil qui était alloué à An t-Eilean Sgitheanach, lorsqu’Aífe arriva, sourire aux lèvres, je pressentis les ennuis.
« Alors, tu as réussi à me voler Chandra ! » lança Scáthach.
— C’est une façon de dire bonjour, ça ? Il t’a quitté au milieu de la nuit ? Déçu probablement ! répliqua vertement Aífe.
— Tu m’insultes ! explosa l’aînée, prête à en venir aux mains.
— Moi ? Non, je m’interroge : pourquoi un homme quitterait-il ton lit pour aller je ne sais où ?
— Il n’était pas chez toi hier soir ? Quand je suis allé à sa chambre, il n’y était pas, je me suis donc rendu à la tienne, tu ne m’as pas répondu !
— Et pourquoi t’es venu le chercher chez moi ? s’étonna Aífe.
— T’es crevée, t’as perdu la mémoire ? T’as failli lui grimper d’ssus d’vant tout le monde, se moqua Scáthach.
— Moi non plus je ne l’ai pas trouvé chez lui, j’ai cru qu’il était chez toi, éluda la cadette.
— Je suis censée croire sur parole une pétasse qui affiche un sourire béat sur un visage marqué par le manque de sommeil ?
— Tu t’es regardée ? t’as l’air d’avoir chevauché toute la nuit, et pas un hongre ! Mais pour en revenir à moi, que veux-tu, faute de grive, on mange du merle. J’ai dû me rabattre sur Eòganán. »
J’en étais sûr, j’avais senti venir la tempête, nous y étions. Mais je fus surpris de me faire traiter de rogaton ! Elle pousse là, la flamboyante.
La tête de Scáthach pivota si rapidement que sa longue tresse de cheveux cuivrés ne manqua le visage d’Aífe que parce que celle-ci recula prestement d’un pas. Les yeux de ma ceann-cinnidh 6 se plantèrent dans les miens, m’intimant l’ordre de répondre.
J’avouai d’un bref hochement de tête, sans la quitter du regard. Dans le sien, je pus lire : TRAÎTRE ! Mon flanc gauche qui couche avec ma sœur, ma rivale ! Comment pourrai-je encore me reposer sur toi au combat ?
Comme je baissais les yeux, elle tourna la tête vers sa cadette avec la même brusquerie. J’hésitais et fus cinglé par la natte qui me marqua la joue, je perçus sa satisfaction. La tension redescendit.
« Ça m’étonne pas de toi, tu te tapes n’importe quoi ! » cracha-t-elle en insistant sur le dernier mot à mon intention.
— Je viens de te dire que j’avais pas trouvé mieux ! répliqua Aífe en entrant dans le jeu de sa sœur. Et toi, si t’étais pas avec Chandra, de qui as-tu partagé le lit ?
— J’ai essayé un Elfe, pour les oreilles ! »
Elles éclatèrent de rire, je soupirais d’aise.
« Eh bien ! Raconte, l’encouragea Aífe.
— Ceann-cinnidh, si nous entrions dans notre espace », tentai-je de les persuader, car l’espace dédié aux Elfes est relativement proche du nôtre et nos cinn-cinnidh ont le verbe haut.
« Laisse le merle jaser ! » ironisa Scáthach. « C’était... comment dire ? Sa peau était douce comme celle d’un bébé, tu as remarqué qu’ils sont graciles. Celui-là l’était de partout, de même, ce sont tous ses membres qui étaient longs. Novice, il fut excellent élève, enthousiaste, roide, persévérant et infatigable. Je lui ai tripoté les oreilles, ça n’sert à rien ! Une bonne nuit. Rien d’exceptionnel, mais dans son monde, je serai une légende et ça, c’est extraordinaire. »
— Ha ! pourquoi n’y ai-je pas pensé ? s’esclaffa Aífe. »
C’est alors que, parée d’une aura de plénitude, la Bandrui de Shanyl s’approcha de nous.
« Toi ! c’est toi qui as eu le plaisir de partager la couche de Chandra ! » s’écrièrent en chœur les deux sœurs.
— Non ! Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? réussit à articuler Maebd dans un fou rire.
— Ça se voit, il suffit de t’regarder, répondit Aífe.
— C’est écrit dans les étincelles au fond d’tes yeux, abonda Scáthach.
— Non, mes chéries, j’ai reçu la visite d’un vieil ami…
— Qui ? »
La discussion fut interrompue par un chant dans une langue inconnue. Nous vîmes la princesse Grüchka qui sautillait d’un pied sur l’autre comme une fillette au rythme de sa comptine, en passant devant nous elle fit une roue, puis une seconde.
« Bonjour, Princesse. Vous êtes de bien belle humeur ce matin, » la salua Maebd.
— Bien le bonjour mesdames, monsieur. C’est grâce à Mael, cette nuit, nous avons fait le moulin, il fit le corps et moi les ailes. Hi hi hi ! Bonne journée ! »
Sur ses mots, elle fit une nouvelle roue et reprit son cheminement enfantin en direction des Elfes.
Nous restâmes sans voix.
Aífe fut la première à retrouver la sienne.
« Le moulin ? C’est quoi cette histoire ? Il est aussi grand que moi et elle est très petite, mais je n’ai pas connaissance d’une telle pratique. »
— Demande-lui de faire venir un de ses congénères, si le moyeu put tourner autour de l’axe, l’axe doit pouvoir tourner dans le moyeu, la moqua Maebd. Si elle ne nous a pas mystifiées.
— Qui se dévoue pour poser la question à Mael ? Toi Maebd, c’est ton vieil ami, même si manifestement c’est pas lui qu’est venu te visiter, suggéra Scáthach.
— Je te laisse volontiers ce plaisir, se contenta de répondre la Bandrui.
— Allez, dis-nous. Qui te rend si rayonnante, si ce n’est ni Chandra ni Mael ? s’enquit Aífe.
— Vous n’allez pas… »
J’eus un hoquet de surprise, je posais la main sur le bras de Scáthach pour attirer son attention. Elle se dégagea avec humeur, néanmoins elle suivit mon regard. Maebd et Aífe lurent l’étonnement sur son visage, cherchèrent des yeux ce qui la surprenait et virent celle que toutes les personnes qui se trouvaient dans le hall regardaient.
La baronne Martô. Vêtue d’une robe élégante, mais stricte qui la couvrait du cou aux chevilles à la mode shannonnaise, elle paradait, semblant glisser sur le sol semblable à un cygne noir traversant un étang peuplé d’aigrettes, d’oies, de flamants, bernaches et autres oiseaux. Son sourire irradiait le bonheur, elle était sur un nuage, quand d’un geste savamment désinvolte, elle repoussa ses cheveux derrière son oreille droite dévoilant la briolette qui y était pendue.
Nous étions subjugués.
« Oyez, oyez, » clama le héraut. « Tous nos hôtes, leurs escortes et leurs serviteurs sont invités à se réunir dans une heure auprès du bassin qui se trouve au milieu de ce hall. Notre roi a une très importante communication à vous faire. Les membres du personnel du palais doivent se rendre dans leurs réfectoires. »
Des tables commencèrent à apparaître autour dudit bassin.
***
Notes de celui que Chandra nomme Bhediya :
1) Dans ton monde, cette constellation se nomme « les Gémeaux. »
2) Dans ton monde, cette constellation se nomme « la Petite Ourse. »
3) Dans cet univers divergent, le sens de rotation de Vénus ne s’est pas inversé comme il le fit dans le tien.
Évidemment, Chandra n’a pas utilisé tes mots — Soleil, Lune, et les autres — pour désigner ces astres ; j’ai traduit dans ton esprit, leur substituant les miens : Sól, Máni, etc., afin que tu suives plus aisément. De même, si tu crois lire ces noms tracés sur le sol, sache qu’ils n’y sont pas : c’est encore moi qui t’aide à les voir.
4) À l’échelle de l’univers (le temps et l’espace sont des notions indissociables).
5) Dans ton monde, le Taj Mahal est vanté pour sa symétrie. Pourtant, son dôme – probablement inspiré par le récit qu’aura fait Chandra de son séjour ici – quel que soit l’angle sous lequel on l’étudie, même si cela ne se voit pas à l’œil nu, il ne l’est jamais.
1) Dans ton monde, cette constellation se nomme « les Gémeaux. »
2) Dans ton monde, cette constellation se nomme « la Petite Ourse. »
3) Dans cet univers divergent, le sens de rotation de Vénus ne s’est pas inversé comme il le fit dans le tien.
Évidemment, Chandra n’a pas utilisé tes mots — Soleil, Lune, et les autres — pour désigner ces astres ; j’ai traduit dans ton esprit, leur substituant les miens : Sól, Máni, etc., afin que tu suives plus aisément. De même, si tu crois lire ces noms tracés sur le sol, sache qu’ils n’y sont pas : c’est encore moi qui t’aide à les voir.
4) À l’échelle de l’univers (le temps et l’espace sont des notions indissociables).
5) Dans ton monde, le Taj Mahal est vanté pour sa symétrie. Pourtant, son dôme – probablement inspiré par le récit qu’aura fait Chandra de son séjour ici – quel que soit l’angle sous lequel on l’étudie, même si cela ne se voit pas à l’œil nu, il ne l’est jamais.
Pour toi, qui n’as pas encore lu Les 13 Merveilles du Monde :
Les deux pièces sises sous les dômes se trouvent au-dessus du hall du palais, lequel est profond de vingt-six toises, large de cinquante-sept toises et deux pieds et haut de quinze toises.
Séparées par une cloison dépourvue d’ouverture, elles sont de même profondeur que la sienne. Chacune est large de vingt-huit toises deux coudées et trois pouces *, toutes deux sont hautes de deux toises et trois coudées.
La salle des incantations est implantée au centre de celle de l’est, exactement sous le dôme. Circulaire, le diamètre extérieur de son mur – haut d’une toise et deux coudées – est de neuf toises. Il en est de même pour la salle de l’oracle dans celle de l’ouest.
Au nombre de six, les espaces d’accueil, de six toises de côté, dont les cloisons sont constituées de bacs emplis de terre d’où s’élèvent des treillages de quatorze toises de haut, sur lesquels sont palissés de rosiers, clématites, jasmins, chèvrefeuilles, glycines et vignes vierges. Ils sont répartis sur les mille quatre cent quatre-vingt-dix toises carrées (plus d’une acre) du hall.
Les deux pièces sises sous les dômes se trouvent au-dessus du hall du palais, lequel est profond de vingt-six toises, large de cinquante-sept toises et deux pieds et haut de quinze toises.
Séparées par une cloison dépourvue d’ouverture, elles sont de même profondeur que la sienne. Chacune est large de vingt-huit toises deux coudées et trois pouces *, toutes deux sont hautes de deux toises et trois coudées.
La salle des incantations est implantée au centre de celle de l’est, exactement sous le dôme. Circulaire, le diamètre extérieur de son mur – haut d’une toise et deux coudées – est de neuf toises. Il en est de même pour la salle de l’oracle dans celle de l’ouest.
Au nombre de six, les espaces d’accueil, de six toises de côté, dont les cloisons sont constituées de bacs emplis de terre d’où s’élèvent des treillages de quatorze toises de haut, sur lesquels sont palissés de rosiers, clématites, jasmins, chèvrefeuilles, glycines et vignes vierges. Ils sont répartis sur les mille quatre cent quatre-vingt-dix toises carrées (plus d’une acre) du hall.
6) Ceann-cinnidh (cinn-cinnidh) ➢ chef de clan (chefs de clan) – Gaélique écossais.
*) Calcule l’épaisseur du mur toi-même.
*) Calcule l’épaisseur du mur toi-même.
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ou
ou
sont là pour t’aider à reprendre une lecture interrompue.
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